L'Eure en ébullition : quand science, art et nature se rencontrent

5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Normandie · Eure

L'Eure en ébullition : quand science, art et nature se rencontrent

Cette semaine, l’Eure se transforme en un terrain de jeu où se croisent les curiosités. Entre les murs des médiathèques d’Évreux et les chemins de campagne, une même envie : rendre accessible ce qui, d’ordinaire, semble réservé aux initiés. Et si la meilleure façon de comprendre le monde était de le toucher du doigt ?

La science s’invite dans les quartiers

Le 2 octobre, la Fête de la science prend ses quartiers dans cinq médiathèques ébroïciennes – Saint-Michel, Nétreville, Navarre, la Madeleine – avec une exposition qui mérite qu’on s’y attarde : Science taille XX Elles. Derrière ce titre un peu mystérieux se cache une célébration des femmes scientifiques, souvent reléguées dans l’ombre des manuels. L’occasion de découvrir leurs travaux à travers des ateliers et des projections, le tout autour d’un thème aussi gourmand qu’instructif : Saveurs savantes. On imagine déjà les expériences culinaires mêlant chimie et gastronomie, ou ces récits de chercheuses dont les découvertes ont changé notre quotidien. Un événement qui rappelle que la science n’est pas une affaire de blouses blanches, mais de regards neufs sur ce qui nous entoure.

À quelques kilomètres de là, à Piseux, l’Api’Week propose une plongée dans l’univers des abeilles, avec des ateliers conçus pour les enfants comme pour les adultes. Pas de cours magistral ici, mais une approche concrète : observer, toucher, comprendre. Une façon de rappeler que ces insectes, si discrets, sont les architectes invisibles de notre environnement. L’inscription est obligatoire, alors autant ne pas traîner.

L’art et la terre, deux façons de raconter l’Eure

Si la science éclaire, l’art, lui, questionne. À Ménilles, Françoise Lecampion ouvre les portes de son atelier du 3 au 11 octobre, pour une exposition qui promet d’être aussi éclectique que son parcours. Dessins, huiles, aquarelles, collages… Ses œuvres, comme autant de fragments de mémoire, reflètent une vie passée à capter l’éphémère. Le samedi, elle sera présente pour échanger avec les visiteurs – une rareté, quand on sait à quel point les artistes sont souvent absents de leurs propres expositions. Un rendez-vous à ne pas négliger pour qui s’intéresse à la création contemporaine en Normandie, loin des sentiers battus des galeries parisiennes.

Mais l’Eure, c’est aussi une terre où l’on cultive bien plus que des champs. À Flipou, la Ferme des Peupliers ouvre ses portes le 6 octobre pour une visite guidée qui promet de dépoussiérer l’image de la ferme traditionnelle. Depuis 1963, cette exploitation familiale transforme le lait de ses vaches en produits fermiers, en misant sur un savoir-faire artisanal. Une occasion de découvrir les coulisses d’une production locale, où le temps semble s’être arrêté – ou du moins, avoir ralenti. Et si l’on en croit les visiteurs des années précédentes, c’est une expérience qui change le regard sur ce que l’on met dans son assiette.

Le coup de cœur : un théâtre de l’absurde dans l’espace

Parmi les propositions de la semaine, une se détache par son audace : Fusées, une pièce de théâtre présentée à Évreux le 6 octobre. Deux hommes, Boris et Kyril, perdus dans une fusée au milieu du cosmos. L’un rit, l’autre pleure. Le duo des contraires dans un huis clos spatial, où l’absurde le dispute à la poésie. Le texte, volontairement minimaliste, laisse une large place à l’imagination du spectateur. Une proposition rare, qui sort des sentiers battus du théâtre normand, souvent plus classique. À réserver aux amateurs de spectacles qui bousculent les codes, et aux curieux en quête d’une expérience théâtrale différente.

Et si on prenait le temps ?

Parce que les sorties ne se résument pas aux événements éphémères, l’Eure regorge de lieux qui méritent qu’on s’y attarde. À Bernay, l’abbatiale, construite au XIe siècle, est un chef-d’œuvre de l’art roman normand. Ses voûtes et ses chapiteaux racontent une histoire millénaire, où chaque pierre semble murmurer les secrets des moines bâtisseurs. Non loin de là, à Pont-de-l’Arche, l’abbaye de Bonport offre un cadre plus paisible, en bordure de Seine. Fondée par Richard Cœur de Lion, elle invite à la flânerie dans son parc, où l’on peut imaginer les moines cisterciens vaquer à leurs occupations il y a huit siècles.

Pour ceux qui préfèrent les balades en plein air, le circuit des lavoirs de Saint-Pierre-de-Bailleul est une invitation à découvrir un patrimoine souvent oublié. Quatre lavoirs, un moulin et une chapelle jalonnent cette randonnée vallonnée, où chaque arrêt est une occasion de s’interroger sur la façon dont nos ancêtres vivaient au quotidien. Et si l’on veut aller plus loin, le Domaine de Chambray, près de Mesnils-sur-Iton, propose une réflexion sur l’agriculture durable. Un lycée agricole y forme les agriculteurs de demain, en montrant comment concilier production et respect de l’environnement. Une visite qui donne à réfléchir sur notre rapport à la terre.

Cette semaine, l’Eure se révèle sous un jour inattendu : celui d’un territoire où l’on peut, en quelques heures, passer de la science à l’art, de la ferme à l’abbaye, sans jamais quitter le fil d’une curiosité sans cesse renouvelée.

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