Neuf forêts et arbres remarquables à explorer en Seine-Maritime

7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Normandie · Seine-Maritime

En Seine-Maritime, les forêts ne se contentent pas d’étendre leurs frondaisons : elles racontent des histoires, dessinent des paysages inattendus et abritent des géants discrets. Voici neuf lieux où la forêt devient une expérience, du plus confidentiel au plus vaste, en passant par ceux qui mêlent mémoire et curiosité botanique.

1. Le Hêtre à Broussins – Saint-Saëns

Ici, la forêt se résume à un seul arbre, mais quel arbre. Ce hêtre, dont les branches tortueuses semblent figées dans un mouvement de danse, porte un nom évocateur : les « broussins » désignent ces excroissances noueuses qui lui donnent son allure de sculpture vivante. Le panneau devant lui cite un écrivain – souvent un auteur local –, transformant la visite en une halte littéraire autant que naturelle. On vient moins pour une balade que pour un face-à-face avec un arbre qui a traversé les siècles en accumulant les cicatrices.

2. Le Chêne Cuve – Arelaune-en-Seine

Son nom vient de sa forme : un tronc si large et si creux qu’on pourrait presque s’y asseoir comme dans une cuve. Planté en bordure de la RD 913, il attire l’œil des automobilistes pressés, mais mérite qu’on s’arrête. Le panneau raconte son histoire – celle d’un arbre qui a servi de repère aux voyageurs bien avant que la route ne soit goudronnée. Sa silhouette massive, presque menaçante, contraste avec les jeunes pousses alentour, comme un vestige d’une forêt d’autrefois.

3. La Bonne Entente – Rieux

Un nom énigmatique pour un chêne qui l’est tout autant. Situé sur un chemin forestier peu fréquenté, près du poteau Saint-Rémy, il doit son appellation à une légende locale : celle d’un accord passé entre deux villages voisins sous ses branches. Le panneau devant lui évoque cette histoire, mais aussi la citation d’un écrivain qui a su capter l’atmosphère mystérieuse des lieux. On y vient pour ce mélange de nature et de récit, où chaque arbre devient un personnage.

4. Le Hêtre du Grand Maître – Arelaune-en-Seine

Ce hêtre doit son nom à un ancien maître des eaux et forêts, dont la silhouette se devine encore sur le panneau explicatif. Situé au carrefour de deux routes forestières, il marque un point stratégique, comme un gardien des lieux. Son écorce lisse et ses branches étendues en font un arbre élégant, presque aristocratique. Contrairement aux autres arbres remarquables, celui-ci semble moins sauvage, comme s’il avait été façonné par la main de l’homme autant que par le temps.

5. Arboretum du Petit Charme – Val-de-la-Haye

Ici, la forêt se fait laboratoire. Créé en 1975 dans la forêt domaniale de Roumare, cet arboretum est d’abord un outil scientifique : 37 essences venues du monde entier y sont étudiées pour leur adaptation au climat normand. Mais depuis 2011, le public peut déambuler entre ces arbres, certains rares, d’autres simplement méconnus. On y découvre des feuilles aux formes inattendues, des écorces qui se décollent comme du papier, et cette sensation étrange de marcher dans une forêt qui n’existerait nulle part ailleurs, conçue par et pour la curiosité.

6. La Vallée de Valmont – Valmont

Moins une forêt qu’un paysage où l’eau et les arbres se mêlent, la vallée de Valmont est un lieu de patience. Les sources du petit fleuve sont visibles au « Vivier », un bassin naturel où l’eau jaillit entre les pierres moussues. Les moulins à eau, l’abbaye et les ruines du château ajoutent une dimension historique à cette balade, comme si la forêt avait absorbé les traces des hommes qui l’ont traversée. On y vient pour cette lenteur, pour ces chemins qui serpentent entre les prés et les bois, où chaque détour révèle un nouveau pan de mémoire.

7. Forêt domaniale d’Arques – Arques-la-Bataille

Près de Dieppe, cette forêt est un mélange déroutant de feuillus et de résineux, comme si deux époques s’y superposaient. Les hêtres dominent, mais les bouquets de pins et d’épicéas, plantés au XIXe siècle, créent des contrastes de couleurs et de textures. Le point de vue de la Pyramide, en parcelle 3, rappelle que cette forêt fut aussi un champ de bataille : un monument commémore la défaite de 1589. On y marche entre ombre et lumière, entre histoire et nature, avec cette impression que la forêt a été façonnée autant par les hommes que par le vent.

8. Forêt domaniale d’Eawy – Saint-Saëns

Avec ses 7 000 hectares, Eawy est un monde à part. Son allée des Limousins, une percée rectiligne de 14 kilomètres, est une curiosité : une ligne droite parfaite tracée au XVIIIe siècle pour faciliter les déplacements des bûcherons. Les poteaux indicateurs en fonte, vestiges d’une époque où la forêt était un lieu de travail, ajoutent une touche surannée. On s’y perd volontiers, entre les hêtres aux troncs élancés et les clairières où le soleil perce à peine. C’est une forêt qui se mérite, où chaque pas semble révéler un nouveau secret.

9. Forêt domaniale de Lyons – La Feuillie

À cheval sur deux départements, Lyons est un monstre de verdure : 10 700 hectares, 360 kilomètres de périmètre, et une mer de hêtres à perte de vue. C’est la plus grande forêt de Normandie, et l’une des plus belles – mais « belle » n’est pas le mot juste. Lyons impressionne par son immensité, par ces allées qui semblent ne jamais finir, par cette sensation d’être un intrus dans un royaume végétal. On y vient pour se confronter à l’échelle, pour marcher des heures sans croiser âme qui vive, et pour comprendre ce que signifie vraiment le mot « forêt ».

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